Fin d’une longue nuit

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  Et passent donc cinq heures de contractions, où s’alternent position allongée sur le lit, mouvements assis sur le ballon de maternité et passage à la salle de bain dans l’optique de tenter de soulager ces maudites contractions. Et j’inspire par le nez un grand coup, et je souffle par un petit filet depuis ma bouche comme dans une paille; et  je fais voler la plumette. Et je souffle, souffle, souffffflllllle. Et j’oooouvre mon bassin pour laisser le passage à mon bébé, pour  l’aider à descendre vers la sortie. Et je me détennnds et respire normalement. Et une contraction de passée….. J’t’en ficherais moi des pailles, des plumettes, des passages et des respirations !! Tu sais combien il m’en reste de contractions ?!!! Et Ça fait mal bordeeeel !!!

Je couine, je grogne, je râle; mais avouons que ces techniques sophrologiques de respiration et de relaxation aident considérablement à supporter la douleur. Mes cours de préparation à l’accouchement m’ont réellement été profitables pendant ces durs moments; et j’ai réussi à m’en souvenir ! -on m’avait prévenu qu’avec la douleur on oubliait tout ce qu’on avait consciencieusement appris pendant ces cours.

Les contractions s’enchaînent donc toutes les 5 min pendant ces 5 longues heures. A chaque fois la contraction me réveille. La fatigue est telle que j’en arrive quand même à m’endormir entre les contractions ! Des micro sommeils de 2-3 min environ; du micro sommeil profond je crois. Car le lendemain j’ai l’impression d’être reposée comme après une bonne nuit de femme enceinte, alors que les traits sont nettement tirés. Ça doit être l’excitation de l’approche de la naissance qui me maintient à ce point en alerte.

7h. Entrée de la sage femme de la journée qui m’installe le monito.
7h15. Adieu de la sage femme de la nuit qui me souhaite bon courage pour la suite, heureuse naissance et etc. Petite photo pour immortaliser cette sympathique jeune femme
7h30. Passage de la sage femme d’accueil des urgences qui n’est autre que celle qui avait réalisé la séance d’acupuncture quelques jours auparavant. Si, si, vous vous souvenez. Celle qui m’avait fait entrer dans cet état de transe absolu. Elle devait d’ailleurs pratiquer une autre séance en fin de journée si le travail ne s’était pas engagé entre temps. Bref. On convient à ce moment là que si, après l’examen de ce matin, le col est encore peu favorable, elle essayera de caser un moment en fonction des urgences de la journée pour une nouvelle rencontre entre ses aiguilles et ma peau.
9h. Passage de ma Gynéco et examen du col : ouvert à 4-5 cm. Ouh PU-TAIN !! Je crois que je vais péter un câble !!! 5 heures de contractions nocturnes pour passer de 3 à 4 cm ?!! Aaaaarrrrggg !!! Je vais mourir avant d’avoir fini d’accoucher !!!
En fait la poche des eaux est bombante et empêche la tête de descendre et d’appuyer efficacement sur le col. D’où la lenteur (l’extrêêêême lenteur) du travail. Ma gynéco me propose de rompre artificiellement la poche des eaux à midi en dead line si elle ne s’est pas rompue spontanément avant. J’hésite. Peur de l’intensification des contractions; envie de profiter de la séance d’acupuncture. La fatigue embrouille mon esprit.
10h. La sage femme et ses aiguilles ne semblent pas dispo. Ma décision est prise : je demande la rupture artificielle; inutile de s’épuiser avec 2h supplémentaires de contractions. Autant passer tout de suite aux choses sérieuses. Malheureusement aucune salle de naissance n’est encore libre. J’arpente le couloir en expérimentant de nouvelles positions pour soulager la douleur.
11h. Enfin une salle de naissance libre et propre ! Transfert de l’autre côté des grandes portes pour la dernière ligne droite

One Response

  1. Anonymous

    Ma tite Cath, Un bonheur ton récit, j’adore ta plume et ta façon parfois cocasse, parfois scientifique de narrer les phases de la progression laborieuse de notre tite choupette.
    Bisous
    Jacqueline Maminette