Fêtes des letchis : 1ère partie – Récolte

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Salut tout le monde.

En tout premier lieu un petit message « technique » : pour ceux et celles qui ne s’en seraient pas rendu compte, vous pouvez cliquer sur les photos pour les faire apparaitre en grand et surtout ne pas avoir un cadrage carré comme les miniature visible dans les message.
Ceci étant dit passons à la suite…

Début décembre j’ai eu la chance d’être contacté par Mr Florent EURISOUKÉ (alias Yoyo), président de l’Association des Producteurs de Letchis de Houailou (APLH), afin de prendre en photo la semaine des préparatifs et le déroulement de la fête des letchis. Au final un bon paquet de photos et beaucoup de rencontres qui nous ont permis de connaitre du monde de la commune en dehors des patients de Catherine et du personnel médical.

Étant donné le volume de photo et le nombre de choses à dire je vais donc découper la présentation de la semaine de la fête des letchis en 4 post différent :

  • La récolte
  • Les préparatifs de la fête
  • La fête des letchis
  • Les photos personnelles durant la fête

 

Si Houailou est la « capitale » calédonienne du letchi ce n’est pas pour rien. En effet c’est ici que furent plantés les 3 premières graines de letchis Importées de la Réunion par Mr Jolimon KABAR. La tribu de Waraï abrite un de ces 3 letchi qui a maintenant 146 ans.

 

Ce qui interpelle en premier lieu, lorsqu’on a la chance de pouvoir le voir, c’est avant tout la taille de ce vénérable ancêtre et également de savoir que la plus grande partie des autres pieds de letchis que l’on peut observer tout autour ont été obtenus à partir de cet arbre par le biais du marcottage aérien.
Le vieux Marco m’a fait un cours et une démonstration de marcottage (marrant ça, Marco, marcottage … enfin bon je m’égare). En gros il faut choisir une branche déjà bien formée, enlever toute l’écorce jusqu’au bois sur 5 cm de large et ensuite appliquer un mélange bien mouillé de terre et de matières végétales décomposées (compost) sur la zone. Il ne reste plus qu’à couvrir le tout avec un film plastique, ficeler pour que ça tienne bien en place et percer sur le dessus pour que la pluie garde ça bien mouillé (et ne pas avoir à s’embêter à arroser régulièrement). Au bout de 3-4 mois, si le tout est resté assez humide et chaud, un réseau de racines se sera développé. Il ne reste plus qu’à couper la branche sous ces racines et planter la marcotte qui donnera alors des fruits beaucoup plus rapidement qu’une simple bouture.

 

 

Tous ces pieds de letchis donnent entre début décembre et mi janvier et on peut observer dans les jardins et sur le bord de la route des arbres croulants sous les fruits et dont les branches sont soutenues par des bambous pour ne pas se briser sous leur propre poids.

 

Les gens du coin peuvent paraitre chauvin en disant que leur letchi est le meilleur, mais pour en avoir gouté qui ne venait pas de la commune je peux vous dire qu’ils ne sont vraiment pas au même niveau. J’irais même encore plus loin en disant que ma préférence va pour ceux de la côte qui poussent en bord de mer sur le sable. Ils sont juste délicieux !!… On a même parfois la chance de tomber sur des fruits à tout petit noyau et du coup avec plus de chair, mais le plus souvent ce n’est pas le cas. (il suffit alors de se consoler en faisant une toupie avec un demi noyau et un cure dent)

 

Le letchi c’est 46 semaine durant lesquelles il pousse bien tranquillement et 6 semaines de folie. Durant cette période tout le monde récolte, trie, vend et surtout mange du letchi. De 10 heures du matin jusqu’à très tard dans la nuit, les adolescents et jeunes adultes cassent les branches des letchis pour ensuite les faire descendre à l’aide de cordes. Des gens au sol ramassent les grappes sur les branchages et évacuent le bois et les feuilles pour ensuite faire bruler tout ça. Les mamans et les vieux sont quant à eux dans leurs coins pour séparer les fruits des grappes avec un certain geste qui permet de ne pas arracher la tige du fruit et éviter qu’il ne se gatte. Pour la vente directe les fruits sont alors mis en sachet d’un ou deux kilos et vendu sur les bords de route.

 

Des récoltes sont également faites pour la grande distribution ou pour des commandes de petits supermarchés. Les quantités sont alors bien différentes et on voit apparaitre des montagnes et des montagnes de letchis au centre des jardins qui sont ensuite transférés le soir dans des cagettes avant d’être humidifiés (pour rester bien rouge) et mis en camion jusqu’à très tard dans la nuit. J’ai eu la chance d’être accueilli par des gens pour faire des photos de leur travail (merci encore à Yoyo de m’avoir ouvert les portes des tribus) et j’ai fini le mercredi soir à plus de 3 heures du matin, exténué mais heureux d’avoir partagé avec eux ces instants.

 

Durant ces moments, j’ai également pu voir des vestiges présents dans les tribus comme un vieux séchoir à café, une très ancienne tombe surmontée d’une flèche faitière, … Autant de choses que peu de zoreilles ont l’occasion de découvrir et je tiens à remercier une fois de plus toutes les personnes qui m’ont ouvert leurs portes, offert un café, présenté leur famille ou simplement partagé quelques paroles avec moi.

 

C’est tout pour ce premier article alors tata et bises à tous.

One Response

  1. Salut. Je viens de reconnaître Yoyo sur les photos. Je l’avais rencontré avec ma femme en faisant le tour de votre belle île en kayak en septembre 2016. Il nous avait pris en stop à Monéo alors qu’il remorquait un bus. Si tu le croises, dis lui qu’on a réussi le tour et remercie-le pour toute sa gentillesse et son aide.
    John

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