Des madeleines ? Non merci, j’essaie d’arrêter.

Classé dans : Divers, Famille | 1

Il y a presque 2 semaines déjà nous fêtions en famille mon 31ième anniversaire. Oui, je sais ! J’accuse un peu de retard sur la rédaction de ce post, mais astreintes et début de vacances ont accaparé tout mon temps et toute mon énergie. Time is runing out, et j’ai toujours éprouvé quelques difficultés à la course, surtout celle contre la montre.

              

Bref. Le 8 juin était donc enfin arrivé et mon délicieux F.F.M. (Faisant Fonction de Mari) avait bien évidemment pris la peine de préparer repas, toast et cadeaux. Ah ! Je vous vois d’ici les gourmands saliver d’envie, vous pourlécher les babines, titiller des papilles dans l’attente de la lecture d’une nouvelle recette fabuleuse de votre inventeur culinaire préféré. Laissez moi vous décevoir un peu. Sébastien avait, oh grande hérésie, acheté une bonne partie des plats au traiteur car il n’a malheureusement pas eu le temps de préparer un repas au sens Sébastien du terme. Cela ne nous a cependant pas empêché de bien nous régaler : côtelettes d’agneau aux herbes, poulet à la crème de combava, gratin dauphinois et gratin d’épinard. Humm ! Bon appétit !!

 Sébastien n’avait donc pas eu le temps de s’atteler aux fourneaux car en fin d’après-midi nous sommes allés avec l’équipe du dispensaire présenter notre coutume de deuil à la famille d’une des secrétaires dont la mère était décédée quelques jours auparavant et dont nous nous étions occupée avant son transfert à l’hôpital de Nouméa. Présenter sa coutume, c’est effectuer un geste et une parole auprès d’un clan, quand on arrive dans un endroit ou lors de grands événements (naissances, mariages, décès), pour demander l’autorisation d’entrer sur un territoire ou pour apporter sa contribution à l’événement et montrer sa joie ou sa peine en fonction. Il s’agit la plupart du temps d’offrir un bout de manou avec un petit billet et de prononcer un petit discours. Lors de grands événements peuvent s’ajouter aux dons taros, maniocs, poissons, gibiers, monnaies kanaks, pièces tressées. La coutume revêt une importance capitale dans la culture kanak. Elle est preuve de respect. La grosseur du don a moins d’importance que le geste lui même et le discours, civilisation de tradition orale oblige.

En tant que médecin-chef du dispensaire la tache m’incombait de réaliser la coutume auprès du clan de la défunte et de recevoir en échange le contre-don (un bout de manou, un billet, un discours de remerciement). S’en suit alors un bref moment de recueillement sur la tombe déjà bien fleurie (l’enterrement avait eu lieu le matin même), puis autour d’un café sous un grand faré tous autour de la longue table où malgré la tristesse nous parvenons à mêler nos rires à ceux des enfants qui courent partout insouciants. Je n’ai malheureusement / bien sur pas de photos de cet événement. J’empreinte à d’autres des images de coutumes pour vous en donner un aperçu.

   

http://sebastienlebegue.photoshelter.com/image/I00001jOjrpQLbo8   Excellente exposition au Centre culturel Tjibaou sur la coutume kanak
http://reussiradire-casimir.blogspot.com/2010/09/disonscoutumes-ponerihouen.html

Bref. Le 8 juin étant aussi mon anniversaire nous célébrons celui-ci une fois de retour à la maison. Après l’apéritif et le bon repas vient enfin le moment de souffler les bougies. 31 bougies sur 6 tartelettes (seul dessert correct à Bourail), on sent qu’on est loin des pâtisseries françaises…. (soupir….)

IMG_7571

Pendant que Mathilde et Sébastien s’affairaient en coulisse à allumer les bougies et rassembler les cadeaux, je dissertais seule dans la cuisine, dans cette cuisine de cette maison de Houailou, dans ce village de brousse calédonienne, sur cette île tout au bout du monde, loin, bien loin de ma famille et de mes amis.

Et je pensais et repensais à tout ce qui nous avait amené là et ce que nous y avions trouvé.

J’étais en train de réaliser que cet anniversaire était bien différent de tous les précédents. Qu’il n’avait pas le même goût que les autres. Non pas que je vieillisse et accorde moins d’importance à ce genre d’événements. Non. Celui-ci respirait l’isolement et l’éloignement. Seuls, tous les trois dans cette cuisine un peu sinistre, je regrettais les anniversaires joyeux d’antan, les belles tablées animées chez les Dubois et les champagnes sabrés depuis le balcon de la rue Alberti. Time is runing out.

Et je pensais et repensais à tous ces anniversaires passés :

Il y a 6 ans je venais tout juste de passer le concours de l’Internat et profitais de vacances bien méritées sous le soleil corse.

Il y a 5 ans je parcourais ma 1ère année d’Internat et m’apprêtais à parcourir l’Inde (bien plus épanouissant !).

Il y a 4 ans je tombais enceinte.

Il y a 3 ans je découvrais les joies de la maternité et celle de la médecine générale libérale.

Il y a 2 ans je terminais enfin l’Internat et commençais vraiment les remplacements en roue libre.

Il y a 1 an je soutenais ma Thèse pour devenir enfin Docteur et je célébrais au pied du Mont Blanc avec ma famille et mes amis mes 30 ans et la fin de ces si longues études.

Et nous voici tout au bout du bout du monde, dans cette cuisine, bien loin de ce que j’avais imaginé il n’y a de cela que 2 ans.

Et après ? Qu’est ce qui nous attend ensuite ?! La vie est remplie de surprises et surtout pleine d’opportunités.

(Quand on voit cette fameuse cuisine, on comprend un peu que je disserte.)

 

Bon. Heureusement Sébastien en délicieux époux (ou F.F.D.E Faisant Fonction de Délicieux Époux) avait prévu quelques cadeaux. Je ne sais pas qui de Mathilde ou de moi était la plus impatiente d’ouvrir les paquets. Bref, il en fallait un peu plus pour entacher notre belle humeur à tous.

Voici donc la liste des cadeaux reçus : de délicates tasses à thé japonaises et un assortiment de précieux thé chinois. Il ne reste plus qu’à déguster tout cela.

 

Au final, malgré l’isolement et la tombée de nuit précoce (nuit noire à 18h30 un 8 juin !!), notre petite cellule familiale a passé une délicieuse soirée. Merci à mon chéri pour le repas et à Mathilde pour les dernières photos.

Et qui sait ? L’année prochaine verra peut-être un 8 juin fêté en combinaison-gants-bonnet sur les pistes enneigées néo-zélandaises.

Allez tata bisous.

One Response

  1. Papou niçois

    Belle soirée et nous sommes très contents de partager tes émotions.Mille bisous.
    PS:C’est toujours un plaisir de te lire,Catherine

Laisser un commentaire